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MARKO93

En 1988, à Saint-Denis, Marko et sa bande baignent dans la culture hip-hop venue d’outre- Atlantique. Ils s’essaient au rap, à la danse, au DJing, et, pour Marko, c’est le graffiti qui l’emporte, fasciné par « les graffitis colorés qui tatouent les murs des grandes villes ». D’abord très inspiré par les graffitis new-yorkais et les tags faits à la torche, Marko glisse vers la calligraphie en découvrant les œuvres d’Hassan Massoudy. Nous sommes au début des années 90, et Marko taille ses caps au cutter pour jouer des pleins et des déliés, pour imaginer des lettrages abstraits à la croisée de la calligraphie arabe et du graffiti, devenant, sans le savoir, un des pionniers du calligraffiti européen. En 1999, il s’essaie pour la première fois au light painting, technique photographique esquissée par Man Ray en 1935, et que Marko s’apprête à réinventer. Il remplace l’appareil photo par une caméra connectée à un ordinateur dont le programme permet d’assembler les traînées lumineuses et de les restituer en direct : nous voici en 2003, et Marko réalise la première performance de light painting en vidéo temps réel (real-time-video). Cette approche singulière et inédite l’entraîne aux quatre coins du monde et Marko se nourrit de ces voyages pour additionner les techniques, les inspirations, les esthétiques. Il découvre les calligraphies mongole et japonaise, et insuffle leurs courbes dans ses œuvres murales, puis dans ses toiles. Pour Marko, l’atelier est un laboratoire au sein duquel il expérimente de nouvelles formes de création. Il jongle avec l’abstraction et le figuratif, passant de l’un à l’autre, imbriquant parfois les deux. Le calligraffiti qui rythme ses fresques abstraites vient ainsi texturer ses félins aux couleurs criardes, renforçant leurs lignes énergiques et leur dimension symbolique. De la calligraphie abstraite au light painting, des murs aux toiles, en passant par le body painting et les performances live, Marko n’a pour seules constantes que la liberté d’exécution, la spontanéité du geste et une énergie débordante, qui atteint son paroxysme en musique : « En extérieur tout comme en studio, la musique fait partie de mes créations. Ma peinture c’est du rythme, des notes, des mouvements ». L’un de ses plus beaux souvenirs reste d’ailleurs la performance live qu’il a réalisée aux côtés d’un orchestre symphonique dirigé par Zahia Ziouani, au cœur de l’Opéra Bastille, à Paris : « c’était une expérience exceptionnelle et inoubliable, une de celles qui vous permettent de combattre la pesanteur et de prendre de la hauteur ! »

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